S à U - Kigos de printemps

Publié le par kuri

1- (la) Saint-Valentin バレンタインデー [barentain dê]

Catégorie = Classique/printemps/activités humaines

Explication = La Saint-Valentin (fête du martyr Valentin, disparu au IIIe siècle) est associée aux amoureux depuis le XIVe siècle en Occident et reste pour eux l'occasion de montrer leurs sentiments par un échange de présents. Introduite au Japon également, cette fête est le moment... pendant lequel les femmes offrent des chocolats à leur Valentin (!). Qu'à cela ne tienne, les garçons devront se rattraper un mois plus tard et offrir un présent en retour lors du white day (14/03).



Exemples =



いつ渡そバレンタインのチョコレート
itsu wataso barentain no chocolêto
Quand les lui remettre?...
Les chocolats
de la Saint-Valentin
田畑美穂女 – TABATA Mihojo

2- (le) temps des sucres

 

Variations au kigo   = bec du chalumeau, eau d'érable (...)

 

Catégorie=moderne (CA)/printemps/activités de la vie humaine (生活seikatsu)

 

 

Explication= Le temps des sucres

 

 

 

Dans le folklore québécois, le temps des sucres et tous ses dérivés sont autant de prétextes pour festoyer en famille le retour du printemps. Il va sans dire qu’à travers le vocabulaire associé à cette période, on retrouve plusieurs kigo à saveur vernale*.

 

Le temps des sucres débute à la fin du mois de février pour se terminer la 2e ou la 3e semaine de mars selon que l'année est bonne ou pas.

 

Dès que la période d'ensoleillement rallonge, l'eau d'érable monte dans l'arbre simultanément avec la température et l'on peut d'ores et déjà entailler l'érable. Cependant, une autre condition est essentielle pour que les érables coulent durant le jour : il faut que la température baisse en dessous de zéro la nuit.

 

Selon la méthode traditionnelle, on percera l’érable avec un vilebrequin afin d’y insérer un bec de chalumeau auquel on suspendra un seau (ou chaudière selon les régions) dans lequel l’eau d’érable s’écoulera. Par la suite, l’acériculteur ramassera l’eau des seaux pour la faire bouillir dans de grands récipients en acier inoxydable (des champions) servant d’évaporateurs munis de plusieurs séparateurs pour en extraire le plus d’eau possible.

 

Dans cette seule première étape, nous retrouvons déjà plusieurs kigo. Mais la liste ne s’arrête pas là : il y a les produits de l’érable tels que le réduit obtenu à partir de la première cuisson ; puis nous aurons, en prolongeant la cuisson, le sirop d’érable ; toujours en cuisant plus longtemps, nous obtiendrons la tire qu’on entrepose dans des contenants de plastique ou bien que l’on déguste sous forme de boule enroulée autour d’un bâton où elle durcit après avoir été étalée préalablement sur la neige et, si l’on prolonge encore plus la cuisson, nous obtiendrons le beurre d’érable, le sucre mou et, enfin, le sucre dur. Puis il y a toutes les petites friandises et confiseries élaborées à partir du sirop d’érable telles les bonbons à l’érable, etc … Et l’eau de vie obtenue après la fermentation de l’eau d’érable dans des fûts de bois.

 

 

Dans le rituel familial du temps des sucres, on trouve également tout un répertoire de chansons à boire et de musique jouée sur des instruments folkloriques tels que l’accordéon, le violon, les cuillères de bois ou celles de métal qu’on fait claquer sur nos cuisses, etc…

Et tout cela sans compter l’histoire de la découverte de ce nectar de la couleur de l’ambre que les anciens racontent aux plus jeunes de la famille selon laquelle un écureuil, en s’agrippant à un érable, l’aurait griffé et un peu d’eau se serait écoulé de cette griffure ; quelques jours plus tard, revenant sur « son » arbre, l’eau en s’évaporant avait fait place à une substance dorée très sucrée que notre ami l’écureuil se mît à lécher goulûment. Un Indien, passant par là, remarqua cette étrange dégustation, y goûta à son tour, puis entreprit de recueillir l’eau de cet arbre et de ses semblables et de la faire bouillir. Et depuis ce temps immémorial, nous fêtons le renouveau printanier en famille lors d’une « partie de sucre » à la cabane à sucre !

 

* vernal(e) : relatif au printemps.



 

Exemples=

 

bec du chalumeau

tirant son chant de l’érable –

dans un vieux seau l’eau

Diane Descôteaux

 

 

Auteur du texte : Diane Descôteaux

Maj/Update: 09/10/2010



Publié dans S-U

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